COMMUNAUTÉ

SCLÉROSE EN PLAQUES | publié le, 12/07/07

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Innovations Thérapeutiques dans la Sclérose en Plaques, où en est-on ?

La sclérose en plaques mobilise des centaines de chercheurs à travers le monde parmi lesquels les prestigieux intervenants de la conférence organisée à Paris le 21 mai dernier par le TECHNION à la Maison de l’Unesco.

La sclérose en plaques mobilise des centaines de chercheurs à travers le monde parmi lesquels les prestigieux intervenants de la conférence organisée à Paris le 21 mai dernier par le TECHNION à la Maison de l’Unesco.



Un symposium placé sous le haut patronage de son excellence l’ambassadeur d’Israël délégué à l’Unesco Monsieur David Kornbluthet sous le parrainage et avec la présence effective de Dominique Farrugia et Patrick Timsit.

C’est sous le signe de l’optimisme que le Docteur Denis Rougemont, Président du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de la Ville de Paris a voulu placer les débats, malgré l’étendue des difficultés qui restent à résoudre.

La Sclérose en Plaques (SEP) est une maladie du système nerveux central dans laquelle la myéline, la substance qui entoure les nerfs du cerveau, est détruite par des cellules dévoyées provenant du système immunitaire. Il n’y a plus de conduction des signaux et, quand le patient tente par exemple de saisir un objet, il n’y a plus de continuité dans le geste.

Le patient peut aussi souffrir de différents troubles comme une déficience visuelle prononcée. Du point de vue symptomatique, la SEP ressemble à d’autres maladies. Le patient ressent une grande fatigue, des douleurs, des fourmillements, une certaine fragilité émotionnelle etc.

Schéma du neurone et de la gaine de myéline

Le diagnostic est donc difficile. La cause première du déclenchement de la SEP est encore inconnue, a précisé le Professeur Ariel Miller , mais les chercheurs ont appris ces dernières années beaucoup de choses, en particulier sur le rôle du système immunitaire dans le mécanisme d’apparition de la maladie.

L’imagerie par résonance magnétique, décrite par le professeur Olivier Lyon-Caen, est désormais l’aide indispensable au diagnostic.

Elle permet de juger de la présence ou non de lésions, de leur caractère, de leur étendue, et de leur apparition ancienne ou récente. L’IRM initiale après l’apparition d’un syndrome clinique isolé est déterminante dans la démarche thérapeutique qui vise, à la fois, à éviter une deuxième attaque et la survenue d’un handicap. Dans la mesure où une ou plusieurs lésions apparaissent à l’IRM initiale, il est nécessaire de répéter l’examen à distance rapprochée car les lésions apparaissent plus vite à l’image que dans la symptomatique.Un temps précieux est ainsi gagné et l’on peut alors anticiper la thérapeutique nécessaire.

L’IRM joue aussi un rôle prédictif dans l’évolution de la maladie

Selon les résultats de l’IRM, on peut estimer le risque de poussée ultérieure, de passage à une phase progressive ou la probabilité de l’apparition d’un handicap. A la phase précoce de la maladie, IRM conventionnelle peut se révéler insuffisante pour explorer avec la précision indispensable la situation réelle du patient. On utilise alors de plus en plus l’imagerie non conventionnelle. Celle-ci fait appel à des technologies complexes, spectroscopie IRM, diffusion, transfert d’aimantation…

La spectroscopie permet par exemple de déceler des anomalies dans les composants chimiques donc une aggravation du risque. Dans tous les cas, l’imagerie non conventionnelle permet de voir des phénomènes que l’IRM conventionnelle n’aura pas permis de détecter, laissant voir un cerveau en apparence normal malgré une symptomatique suspecte.

Ces examens initiaux sont essentiels car, avec le temps, ils ont permis d’établir des statistiques fiables. On sait que, logiquement, plus il y a de lésions, plus le risque de deuxième poussée est important. En revanche, tout aussi logiquement, si l’IRM cérébrale initiale est normale, ce risque est faible. On a pu établir que si l’IRM initiale montre une activité inflammatoire, des lésions actives récentes, le risque de développement de la SEP est d’environ 70%, alors qu’il est deux fois moindre s’il n’y a pas de lésions actives.

A trois ans, le risque est triplé. En matière de handicap, le pronostic à partir d’une IRM initiale normale ou avec une seule lésion est de 0% à dix ans pour le grade 4 (gène au quotidien). Si les lésions sont nombreuses, le risque passe à 75% pour le grade 4 et peut atteindre le grade 6 (aide permanente pour se déplacer).

L’IRM est donc essentielle dans la phase de diagnostic car elle dit s’il est nécessaire de traiter ou non, s’il faut mettre le patient sous une surveillance rapprochée ou plus éloignée et déterminer le type de traitement à appliquer tout en pouvant donner au patient toutes les explications qui justifient la lourdeur et les contraintes de ce traitement, ce qui permet d’obtenir son adhésion à la démarche lourde et souvent pénible que cela implique.

Les recherches sur ces traitements de la SEP progressent très vite. Elles explorent deux voies principales : la pharmacologie et la pharmacogénétique.

La première, dans laquelle l’équipe du Professeur Howard Weiner à Boston, joue un rôle de renommée mondiale, a déjà permis de progresser de manière très efficace. Clairement exprimée par Howard Weiner, la stratégie consiste à détruire le plus complètement possible les cellules dévoyées transmises dans le cerveau par le système immunitaire après que celui ci ait interprété cet organe comme un corps étranger à éliminer.

La conviction du professeur Howard Weiner est que le système inné joue un rôle important dans l’évolutivité de la SEP. Au plan thérapeutique, il va donc falloir mesurer le plus précisément possible la charge du patient en cellules dévoyées pour augmenter la charge en cellules régulatrices. Des molécules se sont révélées efficaces dans la mise en œuvre de cette stratégie et l’évolution de la recherche à son rythme actuel permet d’affirmer que l’on a d’ores et déjà beaucoup progressé sur la voie de la guérison de la SEP.

Si l’on traite très tôt, on peut aujourd’hui réduire la maladie. Des anticorps monoclonaux, des médicaments injectables mais aussi oraux sont très encourageants. Pour pouvoir étudier ces molécules, il faut des bio marqueurs. L’équipe d’Howard Weiner met au point des tests sanguins simples. L’objectif, à terme, est aussi de développer des outils de pré diagnostic.

La démarche est d’abord de bloquer l’évolution de la maladie puis de renverser cette évolution et, au final, de trouver un vaccin qui permette d’empêcher son apparition chez les sujets à risque dépistés précocement. C’est là qu’intervient la génétique. Dans la recherche fondamentale d’abord pour trouver la cause du déclenchement de la maladie. Celle-ci, pour une part importante au moins, est d’origine génétique. Mais elle offrira la possibilité de progresser aussi dans l’adaptation du traitement au profil génétique du patient.

L’équipe du professeur Ariel Miller du Centre d’étude de la SEP du Technion a d’ores et déjà défini des processus personnalisés d’administration des traitements pour une réelle amélioration de leur efficacité et, partant, de la qualité de vie des patients. Le diagnostic de chaque patient est affiné, on mesure avec précision son activité, on dresse sa cartographie cérébrale, un réseau de télémédecine permet de mesurer ses évolutions et de corriger le traitement.

Mais l’équipe d’Ariel Miller utilise aussi toutes les ressources de la chrono thérapie. On sait en effet que l’efficacité des corticoïdes, par exemple, varie selon l’heure de la prise, en fonction du rythme circadien du patient. Cela a permis de diminuer chez certains malades les effets secondaires des médicaments ou le temps de convalescence après une poussée. Par ailleurs, Ariel Miller poursuit la recherche génétique sur les origines de la SEP.

L’une des difficultés est de définir la part du système immunitaire inné et celle de facteurs environnementaux dont on sait qu’ils existent mais guère plus, du moins à l’heure actuelle. Les progrès dans cette recherche permettront un jour d’adapter complètement les traitements au profil génétique du patient et, au-delà, de trouver un vaccin, but ultime de la bataille livrée contre la SEP.

C’est dans ce sens que travaillent aussi les équipes des professeurs Roland Liblau et Bertran Fontaine .

Une certitude, la SEP ne provient pas d’un gène unique mais d’une combinaison complexe de gènes.

Les chercheurs sont ainsi convaincus qu’il n’y a pas un type de SEP unique mais plusieurs sous types de la maladie, qui s’expriment par une même symptomatique. La connaissance du mécanisme de déclanchement de la maladie à partir des gènes et la définition des profils génétiques à risque doit permettre à long terme d’agir pour empêcher que le système immunitaire ne libère les cellules qui vont aller détruire la myéline des fibres nerveuses du cerveau.

La présence de gènes protecteurs a aussi été mise en évidence et le génome des malades est de mieux en mieux connu. On sait par exemple qu’un gène, le HLA DR15 est plus fréquent chez les personnes atteintes de SEP et constitue probablement un facteur de risque d’évolution de la maladie. La connaissance des mécanismes de réparation fait également l’objet d’une recherche intense.

On a pu voir, à l’occasion de cette conférence, combien la recherche contre la SEP est active, fructueuse et pluridisciplinaire. Elle mobilise des chercheurs de domaines très variés et l’information scientifique circule, à l’évidence, de façon particulière efficace.

Cette réalité justifie pleinement le mot que tous les intervenants ont utilisé à l’un ou l’autre moment de leur intervention :
ESPOIR…



© Handicap Infos - Sources : Technion France

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