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ENQUÊTE | article publié le, 22/03/17

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Inclusion et insertion des personnes en situation de handicap mental et psychique

En France, on compte 3,5 millions de personnes en situation de handicap dont 700 000 en situation de handicap mental.

En France, on compte 3,5 millions de personnes en situation de handicap dont 700 000 en situation de handicap mental.



Il existe de nombreux types de handicaps, visibles et invisibles. En effet, près de 10% de la population mondiale serait aujourd’hui touchée par un handicap, soit 650 millions de personnes dans le monde. Il est important de bien distinguer les différentes typologies de handicap car elles recouvrent des réalités différentes. L’enquête présentée ici s’intéresse plus particulièrement au handicap mental et au handicap psychique.

Définition du handicap mental

En France, le terme de handicap mental désigne la résultante d’une déficience intellectuelle, qui limite les activités de la personne en situation de handicap mental en perturbant ses fonctions cognitives : langage, motricité, performances sociales ainsi qu’une difficulté plus ou moins importante de réflexion, de conceptualisation, de communication et de décision. Ce handicap ne peut pas être soigné mais il peut être compensé par un environnement aménagé et un accompagnement humain adapté.

Un grand nombre de handicaps mentaux ont une cause génétique, anomalie chromosomique (comme la trisomie 21), résultante d’une malformation cérébrale, d’un dysfonctionnement du métabolisme, ou la conséquence d’un accident pendant la grossesse (virus, médicaments...), au moment de la naissance ou après (sou rance cérébrale, maladies infectieuses). Cependant dans 30% des cas l’origine reste inconnue.

Définition du handicap psychique

Le handicap psychique est associé à des « troubles psychiatriques » : donnant lieu à des atteintes comportementales, qui n’altèrent pas les capacités intellectuelles de la personne en situation de handicap psychique mais plutôt leur mise en oeuvre. Différents troubles sont compris dans le handicap psychique comme le trouble de la pensée, de la volonté, de la perception ou de l’humeur : comme la schizophrénie, les troubles bipolaires, les troubles obsessionnels compulsifs. Ces pathologies nécessitent donc des soins adaptés à leur évolution dans le temps, sachant que le handicap psychique n’a pas toujours de cause identifiable.

3 questions à Ghyslaine Wanwanscappel, Directrice Générale de la Fondation des Amis de l’Atelier

Quel regard portez-vous sur l’évolution des handicaps mental et psychique ?

G-W : Il faut faire prioritairement la distinction entre handicap mental et handicap psychique dit « handicap invisible ». Si le handicap mental semble reconnu par notre société, le handicap psychique reste bien souvent encore tabou car tout un chacun peut être concerné.

Depuis quelques années, de nombreuses mesures ont été prises pour permettre aux personnes en situation de handicap mental ou psychique d’accéder, par exemple, à l’emploi. La notion de handicap en entreprise fait aujourd’hui partie pleinement de la législation mais l’acceptation et l’intégration restent un réel besoin pour que l’on puisse parler de société inclusive
.

Quels sont pour vous les leviers à activer pour que l’on puisse parler d’une société française inclusive ?

G-W : Malheureusement, on constate que la société n’est pas plus inclusive qu’auparavant. Un exemple très simple : nous ne sommes toujours pas en règle avec l’accessibilité des bâtiments pour les personnes en situation de handicap. On rencontre notamment des freins financiers et une complexité dans la mise en œuvre de la législation dans la sphère professionnelle. Il faut aussi reconnaître que mettre en avant l’emploi des personnes en situation de handicap est complexe dans une conjoncture où un taux de chômage élevé persiste. Pour être dans l’inclusion, il faudrait recruter une personne pour ses compétences et non par discrimination positive. L’information et la formation à ces types de handicap pourraient s’avérer des solutions concrètes pour que l’insertion se transforme en inclusion (aller dans les écoles, les entreprises...).

En une phrase, pourquoi militez-vous ?

G-W : Le respect de l’autodétermination des personnes handicapées. L’autodétermination passe par la responsabilisation : ne plus décider à la place des personnes en situation de handicap. Cela s’appuie sur le principe de l’épanouissement personnel : écouter les envies de ces personnes ; tirer un maximum de leurs possibilités. Je voudrais demander aux politiques d’avoir une solution ajustée à chaque problématique rencontrée par les personnes en situation de handicap ; avoir la reconnaissance de projets de vie, de parcours positifs. Il faut être dans une société qui ne cache pas, qui communique, qui crée également des places. Le qualitatif et le quantitatif se rejoignent ici.

L’accessibilité est enfin nécessaire et passe par des choses simples comme avoir un logement, travailler, pouvoir aller au musée, faire du sport, utiliser les transports et un tas d’autres choses que nous faisons sans même nous poser la question. Nos résidences accueil en sont un exemple parfait. C’est à la société de compenser le handicap et non au handicap de s’adapter !




© Handicap Infos - source : communiqué de presse

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