Samedi 28 novembre 2020

Mon Compte


Mot de passe oublié ?

S'inscrire (gratuit)
 
 

 Article précédent  Sur le même thème

VOILE | article publié le, 10/11/20 0 réaction 


Damien Seguin : le premier skipper handisport à participer au Vendée Globe !

 
 

Challenge sportif extrême, Graal des navigateurs en solitaire, le Vendée Globe est surnommé l’Everest des mers.

Challenge sportif extrême, Graal des navigateurs en solitaire, le Vendée Globe est surnommé l’Everest des mers.

Le 8 novembre, Damien Seguin et le Groupe APICIL écrivent une nouvelle page dans l’histoire du Vendée Globe. A 41 ans, il sera le premier skipper handisport à participer à ce tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Une fierté pour Damien qui pour autant ne mise pas tout là-dessus comme il nous l’explique.

Pourquoi le Vendée Globe ?

Ça a son importance certes même si ce n’est pas mon handicap qui m’a motivé à faire le Vendée Globe.
Cette dimension autour du handicap est quelque chose qui est venue au fur et à mesure, un enjeu de communication et notamment après ce qui s’est passé en 2005 lors de mes débuts dans la course au large car cela a révélé qu’il y avait un vrai problème avec le handicap dans la société et dans le milieu sportif. Donc c’est symbolique mais pour que ce symbole ait de la valeur, il faut faire attention à bien communiquer. Le but n’est pas de faire du misérabilisme. Il faut rester dans un projet sportif. L’enjeu est de trouver le juste milieu. »

Le bon moment
« Le Vendée Globe est une aventure, ce n’est pas forcément un rêve de gosse. Ce n’est pas non plus un objectif que j’ai depuis très longtemps même si c’est quelque chose qui me fait rêver et fantasmer car c’est la course la plus difficile. L’envie d’y participer est venue au fur et à mesure. J’ai commencé la course au large en Figaro et puis j’ai continué en Class 40. Après la Route du Rhum 2014, j’ai voulu évoluer. Le Vendée Globe s’imposait quasiment de lui-même dans cette continuité. L’idée a muri tant sur le plan familial que professionnel. Nous faisons de l’IMOCA pour avoir un projet Vendée Globe. Après les jeux de Rio, nous avons senti que c’était le bon moment et nous nous sommes lancés. »

Ses souvenirs du Vendée Globe

« Honnêtement, je n’ai pas suivi toutes les éditions. Je me suis intéressé après coup au premier Vendée Globe car en 1990 Titouan Lamazou remporte la Route du Rhum en monocoque. Je me souviens alors qu’à l’époque, tout le monde disait qu’il avait « réalisé le doublé ». Du coup, je me suis intéressé à son palmarès et j’ai vu qu’il avait gagné ce tour du monde juste avant. A l’époque, l’épreuve n’était pas aussi médiatisée que maintenant mais il y a, selon moi, quelqu’un qui l’a rendue plus médiatique c’est Loick Peyron avec sa manière qu’il a de communiquer et le sauvetage de Poupon. Après, je n’ai pas suivi assidument les éditions suivantes. Je me suis intéressé seulement au plateau et aux différents vainqueurs. En revanche, j’ai regardé d’un peu plus près les éditions 2012 et 2016. C’était sympa mais pas tout le temps. Sur le dernier Vendée Globe, sportivement il y a des moments où je ne trouvais pas la course passionnante. Par ailleurs, je trouvais la communication notamment des leaders, très aseptisée. Ça m’intéressait beaucoup moins du coup je me suis attaché à d’autres profils, à des personnes qui racontaient un Vendée Globe différent notamment aux vidéos d’Alessandro Di Benedetto qui racontaient autre chose qu’une aventure sportive. »

Le skipper, l'homme, son handicap

Damien Seguin est né sans main gauche le 3 septembre 1979 à Briançon. Fils d’un père guide de haute montagne et d’une mère infirmière, Damien est bercé dès son enfance dans le milieu du sport notamment au travers de l’activité professionnelle de son papa. « Mon père faisait beaucoup d’escalade et dès que j’ai su marcher, il m’a mis sur un mur » raconte celui qui, tout petit déjà rêvait de devenir champion. « J’ai toujours voulu me mesurer aux autres. J’étais très actif. » Et pas question pour lui de faire de son handicap un frein. « Je ne me posais pas la question de mon handicap car mon entourage ne se la posait pas donc c’était plus facile. Mes parents devaient s’en soucier mais je ne le ressentais pas. J’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire et jamais, ma famille ne m’a dit : « non ne fais pas ça car tu n’en es pas capable ou fais attention. Etant papa aujourd’hui, je sais qu’il y avait forcément un côté protecteur des parents mais ils le nuançaient. Je n’ai jamais vraiment eu de problèmes, petit. C’était plus compliqué à l’adolescence car la relation que tu entretiens avec ton corps et celui des autres change. Je me rendais bien compte que j’étais différent, que cela gênait certaines personnes ou que c’était sujet à des moqueries. Du coup, j’essayais de cacher mon handicap mais ce n’était pas un facteur de démotivation, bien au contraire ! C’était plus sur l’aspect social que ça me posait des difficultés. »

EN SAVOIR + :
DAMIEN SEGUIN : LE DÉFI D’UNE VIE


© Handicap Infos - source : communiqué de presse


 Haut de page



 
 


 Article précédent  Sur le même thème