Mercredi 20 novembre 2019

Mon Compte


Mot de passe oublié ?

S'inscrire (gratuit)
 
 

 Article suivant  Article précédent  Sur le même thème

RECHERCHE | article publié le, 22/01/08 0 réaction 


Traitement du sang : les remèdes de demain

 
 

Un premier vaccin antisida bientôt testé ; un remède contre les jambes lourdes ; des globules rouges produits en labo…

Un premier vaccin antisida bientôt testé ; un remède contre les jambes lourdes ; des globules rouges produits en labo…

De spectaculaires avancées en matière de traitement du sang.

Du sang disponible en quantité illimitée, pour les patients de tout rhésus, sans dépendre de la bonne volonté des donneurs… Recréer ainsi notre fluide vital en laboratoire est le Graal dont rêvent les meilleures équipes d’hématologues à travers le monde. Notamment celle du professeur Luc Douay, de l’hôpital Trousseau à Paris, l’une des premières à avoir fabriqué in vitro de gros volumes de globules rouges.

En attendant ce sang artificiel miracle, d’autres batailles décisives sont en train d’être gagnées, notamment contre le sida.

Autre espoir : les cellules souches contenues dans le sang du cordon ombilical des nouveau-nés pourraient, d’ici quelques années, guérir des dizaines de maladies.

Un sang artificiel pour pallier la pénurie de donneurs

Chaque année dans le monde, plus de 50 millions de litres de sang font défaut. Rien qu’en France, il faut courir après 2,5 millions de dons annuels pour répondre aux besoins de 500.000 malades. Le risque de pénurie est d’autant plus aigu que seules les personnes du groupe O –, assez rare, sont des donneurs universels, c’est-à-dire que leur sang est compatible avec les trois autres groupes (A, B et AB).


D’où l’importance des travaux conduits par une équipe internationale de chercheurs du laboratoire Architecture et Fonction des Macromolécules biologiques (CNRS, université d’Aix-en-Provence), de l’université de Copenhague et de la société américaine de biotechnologie ZymeQuest. L’idée est la suivante : une fois le sang prélevé, on éliminerait certaines molécules présentes à la surface des globules rouges et caractéristiques des différents groupes sanguins, grâce à l’action de deux enzymes (bactéries) spécifiques. L’une d’entre elles a déjà fait l’objet d’essais cliniques sur 61 patients français du groupe A, à qui l’on a administré cinq injections de leurs propres globules rouges ‘nettoyés’.

La société ZymeQuest va entamer d’autres tests, en utilisant cette fois des donneurs d’un groupe différent de celui des receveurs. Cette technologie ultrapointue devrait nécessiter encore trois ans de mise au point. À terme, elle simplifiera radicalement la gestion des centres de transfusion et évitera toute erreur de manipulation.

L’Institut Pasteur va tester sur l’homme son vaccin antisida

Le sida a provoqué trois millions de décès dans le monde l’an dernier, et 40 millions de personnes sont infectées par le virus. Et aucun vaccin n’a encore vu le jour. Une véritable course contre la montre mobilise cependant les meilleures équipes d’épidémiologistes : une soixantaine d’essais cliniques sont actuellement menés dans plusieurs pays pour tester quelque trente projets de vaccins. Et c’est dans les labos de l’Institut Pasteur, où le VIH a été découvert en 1983, que les pistes de recherche semblent les plus prometteuses.

Pilote d’un projet international cofinancé par l’Union Européenne, le National Institute of Health américain et le laboratoire GlaxoSmithKline, l’équipe de Frédéric Tangy devrait très bientôt faire tester sur des patients du St George’s Hospital Medical School de Londres un vaccin dérivé de celui de la rougeole. L’idée : introduire deux ou trois gènes du VIH dans le virus atténué de la rougeole, très largement utilisé pour vacciner contre cette maladie. La technique a déjà donné des résultats très encourageants chez la souris et le primate. Les essais sur l’homme, eux, devront durer au moins deux ans. S’ils sont concluants, les labos pourront envisager une mise sur le marché, au plus tôt en 2010.


Le sang ombilical, une assurance vie contre le cancer

Imaginez : en cette année 2070, un sexagénaire commence à sentir faiblir ses neurones. Heureusement, à sa naissance, en 2010, ses parents ont eu la bonne idée de faire prélever le sang de son cordon ombilical, préservé depuis dans une banque d’organes. Une fois la poche de sang de bébé décongelée, quelques cellules souches sont extraites, ‘entraînées’ à produire des neurones, puis réinjectées. La compatibilité tissulaire étant garantie, la greffe prend et notre homme retrouve le cerveau de ses 20 ans. C’est l’un des incroyables paris de la médecine dite ‘régénérative’ : plusieurs équipes de biologistes ont récemment découvert dans le sang fœtal des cellules susceptibles de générer in vitro de l’os, du cartilage, des muscles, des vaisseaux et même des neurones.

Première mondiale, une équipe américaine de la Mayo Clinic de Rochester (Minnesota) vient ainsi d’annoncer avoir guéri un enfant leucémique après lui avoir administré des cellules prélevées à sa naissance et conservées par la société privée CorCell de Philadelphie, associée au projet. Elle n’est pas la seule à avoir flairé le bon filon. La firme britannique CryoGenesis, basée à Liverpool, s’est récemment vantée de conserver, moyennant un versement initial de 1.200 €, puis de 75 € par mois, le sang ombilical des bébés de cinq footballeurs professionnels, dont celui de Thierry Henry. Et, en janvier 2007, l’exubérant milliardaire Richard Branson, fondateur de Virgin, annonçait l’ouverture de la Virgin Health Bank, première banque de cellules de cordon. Moyennant 2.270 EUR, tous les parents britanniques pourront faire conserver le sang de leur bébé pendant vingt ans. Alors qu’il projette d’étendre ce service en Europe (aucune disposition légale ne l’interdirait en France), Branson s’est engagé à reverser l’intégralité des bénéfices de la banque à la recherche sur les cellules souches.


Plus de jambes lourdes grâce aux veines régénérées

Jambes lourdes, douleurs, impatiences… En France, ces symptômes de varices touchent 75% des adultes, et une personne sur quatre (surtout des femmes) doit se faire soigner. Depuis 1947, on sait opérer cette dilatation des veines, qui perturbe la circulation du sang, en ‘sclérosant’ les vaisseaux endommagés, c’est-à-dire en injectant une substance capable de les ‘fermer’. Inconvénients : le processus est long (il faut souvent une injection hebdomadaire pendant un an, et jusqu’à trois ans pour redonner un bel aspect aux jambes) et pas totalement efficace (jusqu’à 30% des vaisseaux rechutent).

L’alternative du futur ? Implanter sur les parties lésées des cellules saines, prêtes à se multiplier pour reconstituer une veine. Pour cela, on disposera les cellules sur de petits supports biodégradables, véritables échafaudages microscopiques qui disparaîtront une fois leur rôle de soutien terminé. Très en pointe dans ce domaine, les chercheurs de l’Inserm se concentrent sur les vaisseaux de grand diamètre (les artères des cardiaques, par exemple). À terme, l’ingénierie biologique pourrait aussi être capable de rénover l’entortillement de veines très fines qui irriguent les jambes.



© LK pour Handicap Infos - source : Capital


 Haut de page



 
 


 Article suivant  Article précédent  Sur le même thème