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SCLÉROSE EN PLAQUES | 21/06/07 15:53

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La place de la masso-kinésithérapie dans la sclérose en plaques

Bruno Ferrari kinesitherapeute

L’approche pluridisciplinaire de la sclérose en plaques est un élément essentiel, afin d’optimiser au mieux la qualité de vie des patients.



La pathologie est différente dans son évolution et son atteinte selon chaque patient. Cependant il y a quelques symptômes communs pris en charge en rééducation par le masseur-kinésithérapeute (MK).
Cet article a pour but de sensibiliser au travail réalisé par les MK, ainsi qu’aux conseils d’hygiène de vie à donner aux patients. Ceci afin de poursuivre et de donner une continuité à cette prise en charge.

Il y a deux points essentiels à prendre en compte à tous les stades et pour chacune des formes de la pathologie. Il s’agit de la gestion de la fatigue et de l’entretien orthopédique.

La gestion de la fatigue
Il faut considérer qu’un patient atteint de sclérose en plaques possède pour sa journée un potentiel énergétique à l’image d’une batterie.Ce potentiel a une quantité variable selon les jours. Au cours d’une journée, diverses activités entament ce potentiel.
Cela va d’activités physiques comme marcher, s’habiller ou préparer ses repas, à des activités qui peuvent paraître moins contraignantes, comme des efforts intellectuels ou plus simplement la digestion. Le seul moyen de recharger cette « batterie » est de faire une nuit complète.

Cependant il est possible d’optimiser ce potentiel en fractionnant des efforts. En réalisant des pauses lors de ces diverses activités, il est possible de moins se fatiguer et donc d’augmenter les capacités du patient.
Pour cela il ne faut pas attendre une fatigue voire un épuisement pour prendre ses pauses.

En effet, il faut repérer ce que l’on appelle des signes de fatigue. C’est ici qu’intervient le rôle du MK: il va aider le patient à repérer ces signes lors d’efforts prolongés.
Les signes les plus couramment rencontrés, par exemple à la marche, sont le genou qui se bloque en arrière, le pied qui traine au sol ou encore la vue qui se trouble.

Pour illustrer ce propos il est facile de prendre l’exemple de la conduite automobile.
Ainsi lorsque vous conduisez et que le voyant rouge de votre voiture s’allume, cela signifie que votre réserve d’essence vous permet d’effectuer environ une cinquantaine de kilomètres. Donc si l’objectif à atteindre est a environ cinquante kilomètres et que vous ne remettez pas de l’essence, vous prenez soit le risque de ne pas atteindre cet objectif, soit d’y arriver mais d’être en panne sèche et de ne plus pouvoir rien faire ensuite.

En revanche, si lorsque le voyant s’allume vous remettez de l’essence, vous perdez certes un peu de temps, mais vous pourrez atteindre votre objectif et vous aurez par ailleurs une réserve suffisante pour pouvoir repartir ensuite.
Cette image est donc à mettre en parallèle avec l’activité journalière.

Par exemple, si vous partez marcher pour aller à un point donné il ne faut pas attendre d’être épuisé (comme une panne sèche) pour faire une pause (assise ou alors adossé à un mur), mais plutôt être a l’écoute de son corps et s’arrêter lorsque le premier signe de fatigue (le voyant rouge) apparait (par exemple la pointe de pied qui traine au sol).
En poursuivant vos efforts dans cette voie, il sera envisageable d’espacer les pauses et donc d’augmenter le potentiel énergétique pour réaliser plus d’activités dans une journée. Cette évolution se fait donc dans un premier temps au prix de prendre plus de temps pour faire chaque activité.

Frédéric Derennes, kinésithérapeute

Frédéric Derennes, kinésithérapeute

L’entretien orthopédique
Dans la sclérose en plaques, le syndrome pyramidal fréquemment rencontré entraîne un phénomène qui augmente involontairement le tonus musculaire, c’est ce que l’on appelle la spasticité.
Cette spasticité à terme peu entrainer des hypo extensibilités musculaire et donc des diminutions d’amplitudes articulaires.

La place du MK pour lutter contre ces effets indésirables est de réaliser un entretien orthopédique. Il s’agit de réaliser des étirements des groupes musculaires spastiques afin de solliciter au maximum les amplitudes articulaires disponibles et donc d’éviter l’installation d’un enraidissement.
En séance, le kinésithérapeute va donc réaliser des étirements efficaces, dans une amplitude maximale mais infra douloureuse.

Il est également intéressant que ce dernier enseigne à son patient des « auto étirements » certes moins efficaces mais qui permettent de réaliser un entretien et donc de limiter des risques d’enraidissement entre deux séjours ou deux séances de rééducation.
En plus de réaliser un entretien orthopédique, les étirements réalisés par le kinésithérapeute permettent de diminuer temporairement le tonus musculaire et donc de « fluidifier » la marche ou les transferts par exemple.
La prise en charge « masso kinésithérapique » dans le cadre de la sclérose en plaques est non exhaustive mais est personnelle à chaque patient à un instant donné. Cette rééducation doit être adaptée au patient en fonction de son état de forme le jour de la séance.

Il est donc impossible de pouvoir résumer l’action du kinésithérapeute. Cependant il y a des objectifs comme la gestion de la fatigue et l’entretien orthopédique qui sont communs a une grande majorité de patients.
Afin d’optimiser au mieux le travail du MK, visant à améliorer la qualité de vie du patient, il est essentiel que ce dernier soit acteur de sa propre rééducation. Pour cela il est important que le patient puisse, en dehors des séances fractionner ses efforts par des pauses lors d’apparition de signes de fatigue, ainsi que réaliser des « auto-étirements » enseignés par le kinésithérapeute.

© Bruno Ferrari et Frédéric Derennes, Kinésithérapeutes pour Handicap Infos

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