COMMUNAUTÉ

INTERVIEW | publié le, 23/03/17

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Maladie de Parkinson : les avancées cliniques de Dhune, interview du Professeur Jean-Philippe Azulay

Professeur Jean-Philippe Azulay. Chef de Pôle Neurosciences Cliniques, Service de Neurologie et Pathologie du Mouvement à L´AP-HM et Responsable du Centre de coordination interrégional pour la maladie de Parkinson.

Professeur Jean-Philippe Azulay. Chef de Pôle Neurosciences Cliniques, Service de Neurologie et Pathologie du Mouvement à L'AP-HM et Responsable du Centre de coordination interrégional pour la maladie de Parkinson.



1. Quelles sont les avancées cliniques au niveau Parkinson ?

A l'heure actuelle, les choses bougent, il y a énormément de pistes intéressantes. Au niveau clinique, nous allons explorer l'immunothérapie* anti tau et anti synucléine, 2 protéines neuronales impliquées dans la dégénérescence des neurones à l'origine de la maladie de Parkinson et d'un autre syndrome parkinsonien, la paralysie supra nucléaire progressive.

C'est un grand virage car c'est un traitement physiopathologique des maladies. Nous allons avancer avec de grands laboratoires pharmaceutiques sur des protocoles visant à limiter, par des techniques d'immunothérapie active ou passive (vaccination, immunomodulation), la propagation pseudo-virale de ces protéines de cellules à cellules, créant la neurodégénérescence. Ces thérapies seront disponibles dans l'année dans un certain nombre de centres, dont celui de Marseille. 3 protocoles seront en place d'ici fin décembre: deux anti-tau et un anti-synucléine.

*Méthode de traitement permettant de lutter contre toutes sortes de maladies, en administrant des médicaments qui vont activer et mobiliser les défenses immunitaires.

2. Au niveau des traitements, où en est on ?

Il n'y a pas eu de commercialisation de nouvelle molécule dans Parkinson depuis 2007 ! Le Safinamide (laboratoire Zambon), est en attente de commercialisation.

Dans les traitements classiques, nous avons la chirurgie cérébrale profonde dont le nombre de malades opérés croit régulièrement. Il y a d'ailleurs actuellement une réflexion nationale dans le cadre du plan Maladies Neurodégénératives, pour faciliter l'accessibilité aux centres pour la chirurgie car certains sont très embouteillés.

Dans les traitements continus, nous traitons les malades par des pompes qui injectent de façon continue les médicaments. Il y a deux voies : une voie sous-cutanée (pour l'apokinon) et une voie intra-digestive (pour la dopamine). Ce sont des systèmes lourds. Là aussi, il va y avoir du nouveau. Plusieurs laboratoires travaillent sur de nouveaux solutés pour réduire la taille de ces pompes, les miniaturiser afin d'améliorer le confort du malade. Il faut savoir que la durée de l'effet des médicaments chez les parkinsoniens diminue avec le temps et certains malades doivent prendre des médicaments toutes les deux heures et grâce à ces pompes ils seront traités de façon régulière tout au long de la journée et parfois de la nuit de façon analogue à ce qui est fait également dans le diabète.

3. Quels sont les protocoles thérapeutiques en cours dans votre service  ?

Il y a un nouveau protocole en cours pour les patients qui n'ont pas eu de traitement symptomatique : le protocole FAIRPARK qui utilise un chélateur du fer, la deferiprone. C'est un traitement de neuroprotection visant à réduire la quantité de fer intra-cérébrale potentiellement responsable de la neurodégéneration. La durée de l'étude est de 9 mois durant lesquels le malade ne peut pas prendre de traitement symptomatique. Nous pouvons encore inclure des patients dans ce protocole. (Les malades de Parkinson souhaitant intégrer ce programme peuvent contacter Claire MARC au 04 91 38 43 83).

04. Avez-vous des recommandations pour les malades et leur famille ?

En début de maladie l'annonce est toujours un choc, il est donc indispensable d'être suivi et entouré, surtout chez les jeunes parkinsoniens. L'accompagnement des patients par les psychologues est très important, on leur explique que c'est une maladie chronique, lente. Le but est de garder une vie la plus normale possible le plus longtemps possible. Il est également très bon d'avoir une activité physique importante. Connaître sa maladie permet de mieux se prendre en charge et pour cela les malades peuvent se rapprocher d'associations telles que France Parkinson ou de service comme le notre. Nous avons mis en place des programmes d'éducation thérapeutiques. Cela permet aux malades de mieux comprendre la maladie de Parkinson et de mieux se prendre en charge en conservant leur autonomie le plus longtemps possible.

5. Que vous apporte le programme DHUNE dans l'avancée de la maladie ?

L'approche pluridisciplinaire du programme et les passerelles qu'il établit entre la recherche académique, clinique, préclinique, les différents pôles hospitaliers, les industriels du secteur, les patients et les associations de patients nous permet d'avoir des collaborations nationales et internationales fructueuses, une vision globale des pistes à explorer et un aboutissement plus rapide de ces dernières.

6. Quelles sont les actualités à l'occasion de la journée mondiale le 11 avril ?

Des journées spéciales sur la Maladie de Parkinson sont organisées tout le mois d'avril par France Parkinson à l'occasion des 200 ans de la Maladie et de la Journée mondiale, notamment à Paris le 1er avril, à Marseille le 8 avril (conférence sur les avancées de la recherche clinique, sur le traitement par les pompes et l'éducation thérapeutique), à Aix en Provence et Lyon le 22 avril 2017.



© Handicap Infos - source : communiqué de presse

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