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PÉKIN
Jeux Paralympiques : les Bleus visent 60 médailles !
04/09/2008 13:49:56

S
Samedi 6 septembre débute à Pékin la 13e édition des Jeux paralympiques d´été.

Samedi 6 septembre débute à Pékin la 13e édition des Jeux paralympiques d'été.

amedi 6 septembre débute à Pékin la 13e édition des Jeux paralympiques d'été.

Des monstres de courage et d'humilité vont se battre pour gagner une médaille et une reconnaissance dont ils sont souvent privés dans leur vie quotidienne.

A Pékin, les lampions de la fête olympique se sont éteints depuis une quinzaine de jours. Les dix mille représentants des médias internationaux ont, pour la plupart, déserté la capitale chinoise et les nouvelles stars du sport mondial, bardées de titres et auréolées d'une gloire toute récente, se sont envolées du Nid d'Oiseau, pour goûter aux délices post-J.O. Dans le même temps, d'autres sportifs ont effectué dans un relatif anonymat le chemin inverse. Pour eux, les Jeux de Pékin débutent le 6 septembre.

Emeric Martin a emmagasiné une bonne dose de confiance avant les Jeux paralympiques en Chine.

Emeric Martin a emmagasiné une bonne dose de confiance avant les Jeux paralympiques en Chine. : Archives Joseph Thouin

4 000 athlètes paralympiques venant de 150 pays seront au rendez-vous du deuxième plus grand rassemblement sportif de la planète. Vingt disciplines seront à l'honneur. Des plus classiques comme l'athlétisme, le cyclisme, le judo ou la natation. Jusqu'aux plus insolites comme le football à 5 ou le goalball. " Il faut que l'équipe de France, dixième au classement des nations en 2004, garde son rang en remportant au moins 60 médailles ", estime Jean Minier, directeur du haut niveau à la fédération handisport. Derrière son porte-drapeau, l'athlète Assia El'Hannouni, quadruple médaillée d'or à Athènes, ce sont 121 sportifs français qui s'apprêtent à vivre l'apothéose d'une aventure humaine débutée dans les affres du handicap.
Quelques médailles pour certains et une estime de soi renforcée pour tous.


"Blade runner" du sport :

Malvoyants ou non-voyants, paraplégiques, amputés de membres supérieurs ou inférieurs, infirmes moteurs cérébraux, " ils ont tous un compte à régler avec la vie ", selon la formule de Patrice Gergès, le patron de l'athlétisme français. Certains sont handicapés de naissance, telle la tête d'affiche du handisport, le Sud-Africain Oscar Pistorius, l'homme qui a défrayé la chronique en voulant se mêler aux athlètes valides sur des courses de 400 m. Né sans péronés et amputé des deux pieds à l'âge de 11 mois, il a été surnommé " Blade Runner ", en hommage aux vertus supposées de ses prothèses. D'autres, à l'inverse, sont des accidentés de la vie. Comme la jeune Française Marie-Amélie Le Fur, 20 ans, athlète valide fauchée en plein vol lors d'un accident de scooter. Amputée d'une jambe, elle a rebondi grâce au handisport. Coureuse de demi-fond promise à une belle carrière avant son accident, elle s'aligne désormais aux départs du 100 et 200 mètres, aux côtés des sprinteuses de la catégorie 44. Celle qui regroupe les victimes d'amputation inférieure. L'une des plus difficiles parce qu'elle accueille aussi les "assimilés ", ceux qui ne souffrent par exemple " que " d'une immobilité de la cheville. C'est dans cette même catégorie, mais chez les hommes, que l'on retrouve Xavier Le Draoullec, 47 ans, l'une des figures du handisport français. Militaire de carrière, membre du 8e Rpima, il a été amputé du tibia gauche après avoir posé le pied sur une mine au cours d'une mission, non loin de la place des Martyrs à Beyrouth, en 1982. Il avait 19 ans. à l'occasion de ses troisièmes Jeux paralympiques, Xavier Le Draoullec, inscrit à l'épreuve du pentathlon et du saut en longueur, tentera aussi de conduire le relais 4 x 100 mètres vers la plus haute marche du podium. " Je peux vous dire que notre équipe va faire mal, expose-t-il, avant de rentrer dans le détail. Je fais les 100 premiers mètres, ensuite je passe le témoin à Arnaud Assoumani, amputé d'un bras, qui lui-même le passe à Serge Ornem, lui aussi amputé. Et c'est Clavel Kayitaré, genou bloqué à 40° après avoir reçu une grenade au Rwanda, son pays d'origine, qui finira le boulot. "

Compét' et bon esprit :

Titre olympique ou pas, pour ces quatre chercheurs d'or comme pour le reste de la délégation française, il sera question de bon esprit et de camaraderie autant que de performances et de médailles. Comme si l'un n'allait pas sans l'autre. " En 2004, on avait opté pour une préparation individualisée, calquée sur le modèle des valides et cela s'était soldé par un échec, résume Patrice Gergès, responsable de l'athlétisme. Le succès d'Assia El'Hannouni, quadruple championne olympique (100, 200, 400 et 800 m), nous avait servi de paravent médiatique mais au fond, le bilan était très moyen. " Durant l'olympiade 2004-2008, la fédération handisport a essayé de corriger le tir. " Nous avons proposé davantage de rassemblements à nos athlètes. On les a fait travailler ensemble afin que chacun s'intéresse au parcours de son voisin et cesse de le voir uniquement comme un concurrent. " Pas si simple que ça. " Contrairement aux idées reçues, les athlètes handisports sont capricieux, narcissiques et égocentriques, au moins autant que la moyenne des athlètes valides, explique Patrice Gergès. Ils passent leur vie en résistance par rapport à un monde extérieur qui a tendance à les exclure et les marginaliser. " Le plus beau des combats débute ce samedi. En ligne de mire : quelques médailles pour certains et une estime de soi renforcée pour tous.





Handicap Infos - Source : myfreesport




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